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« Les Levantins en leur légende
Disent qu’un certain Rat las des soins d’ici-bas,
Dans un fromage de Hollande
Se retira loin du tracas. »

Ma première rencontre avec Giovanni Scognamillo croise à mes années en France quand j’étais étudiante. C’était mon professeur qui était spécialisé par la langue, l’histoire et la culture d’Ottoman qui m’encourageait pour lire le livre intitulé « Bir Levantenin Beyoğlu anıları ». Le but, c’était élargir mes connaissances à propos de la société et la communauté multiculturelle de l’Empire Ottoman, mais plutôt la situation un peu spéciale justement pour Istanbul après la chute de l’empire Ottoman.

Après avoir jeté un coup d’œil de la vie non seulement à celui de Monsieur Scognomillo, mais aussi des levantins qui étaient nés, habitait sur cette terre avec ses histoires assez extraordinaires, ses destins très particuliers, j’ai commencé de faire de petite recherche avec ma toute cœur.

Mais qui sont ces « levantins » ?

Dans dictionnaire de l’Académie française, ce terme « a été parfois utilisé avec une intention péjorative, par allusion à l’habileté en affaires prêtée aux Orientaux .

Néanmoins, aux XIX siècle et dans la première moitié du XXe siècle, ce terme a surtout servi à designer des résidents non-turcs de l’Empire Ottoman. Ils étaient d’ascendances byzantines, françaises et italiennes ou mixtes diverses.
Ils étaient des gens qui vivaient en Istanbul, en apportent de sang européen, mais aussi qui essayaient de vivre à la même façon dont les turcs faisaient.

Ce qui était plus douloureux pour les levantins, c’est sentiment de ” ne pas pouvoir de faire partie de nulle part”.

Il est quasiment impossible d’être Levantin sans être cosmopolite, c’est-à-dire appartenir à la cosmopolis. Car le cosmopolitisme du Levantin provient d’une confusion de nationalités, de races, de langues et de religions. En fait, le Levantin, émigré ou d’origine émigrée par nature, est une sorte d’apatride ou un égaré.

Monsieur Scognamillo était l’un d’entre eux…

Il est né à Istanbul en 1929 en tant qu’enfant d’une mère grecque et d’un père italien né à Istanbul.
Son grand-père était un émigrant napolitain qui, après avoir occupé plusieurs emplois (cuisinier, ouvrier, etc.), épousa un Napolitain de Constantinople ; sa mère était une Italo-Grecque de Tinos, d’origine génoise ancienne. Scognamillo a fréquenté des écoles italiennes et a obtenu son diplôme du lycée classique italien à Istanbul.
Les activités de son père Leone, directeur de l’importante salle de cinéma Elhamra Sineması de Beyoğlu, ont permis à Scognamillo d’approcher très jeune du cinéma; Immédiatement après le lycée, il commença à écrire des critiques de films dans divers magazines italiens du secteur (1948) puis dans la presse étrangère (française, américaine et norvégienne), réalisant simultanément d’autres ouvrages en tant que libraire, décorateur d’intérieur, partenaire d’une société de distribution cinéma, employé de banque, etc.

En 1961, il entame sa carrière journalistique dans la presse turque en tant que rédacteur en chef du journal de gauche Akşam, alternant la profession de critique de cinéma avec celle d’acteur et de réalisateur étranger dans une agence de production cinématographique.

Depuis 1987, malgré une paralysie qui l’a contraint à prendre sa retraite, il poursuit son activité d’acteur, écrivain et critique de films littéraires.

En 2005, le président de la République Italienne, Carlo Azeglio Ciampi, l’a nommé chevalier de l’ordre de l’étoile de la solidarité italienne et a été professeur d’histoire du cinéma turc à l’université Bahçeşehir d’Istanbul….

Istanbul, mais notamment Beyoglu avait toujours une place romantique dans la tête de Scognomillo. Il lui toujours manquait les jours passées au Beyoglu ancien. Quand on lui demand, quelle est la difference entre Beyoglu actuel et précedent, il répondait comme au-dessous :

« Pas seulement Beyoğlu, tout Istanbul a changé. Je ne suis pas une personne nostalgique, le passé est dans le passé, nous devons vivre dans le présent. C’est tout naturellement que Beyoğlu change, car c’était trop d’un endroit spécial. En particulier à l’époque ottomane, le quartier était une contradiction historique au sein d’Istanbul. Comme un morceau d’Europe rompu et inséré. Si vous regardez les impressions des écrivains occidentaux des 18ème et 19ème siècles, ils ne considèrent pas Beyoğlu comme étant occidental. Mais à Istanbul, le quartier était un monde différent. Les artistes et intellectuels d’Istanbul ont toujours été attirés par Beyoğlu, qui offrait une gamme de débouchés uniques à la ville. Aux 18e et 19e siècles, tout ce qui était occidental entrait à Istanbul par Beyoğlu. Mais les fondements sociaux de Beyoğlu, des minorités et des Levantins sont en train de disparaître. L’émigration a été provoquée par divers facteurs politiques et économiques, tels que la fondation de l’État d’Israël. Tous ces facteurs ont eu un impact négatif sur Beyoğlu et Istanbul ».

Tout au long de sa vie, Giovanni Scognamillo a écrit une quarantaine de livres dans de nombreux domaines tels que le cinéma, la science-fiction, la littérature, l’horreur et la fantaisie. Dans le même temps, il a été jugé digne de nombreux prix pour ses réalisations.

Giovanni a perdu la vie à l’hôpital d’État de Basaksehir à l’âge de 87 ans.
De nos jours, nous avons commencé de perdre les levantins un par un…Nous avons commencé de perdre tous nos couleurs petit-à-petit…. Maintenat c’est l’époque qui ferme lentement.

Asiman IISMAYILZADA

Bibliographie :

1. Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition
2. Scognamillo Giovanni, Bir Levantenin Beyoğlu anıları, İstanbul, 2002, Edition Bilge Karınca

Source d’internet:

http://www.levantineheritage.com/testi35.htm

Voir aussi :

Beyoğlu’nda Bir Levanten “Giovanni Scognamillo” – Documentaire-2006-Turquie. En turc avec sous-titre anglais Durée : 29 ‘

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